Dassault / Dornier Alpha Jet E

Histoire

En 1965, les armées de l’air allemandes et françaises cherchèrent à remplacer les Lockheed T-33 et  les Potez/Aérospatiale Fouga Magister.  Ce besoin a conduit  à lancer un appel d’offre commun pour les 2 armées pour un appareil d’entrainement et d’attaque subsonique.

Les sociétés Breguet , qui sera plus tard racheté par Dassault, et Dornier s’allièrent alors pour proposer le TA (pour Training & Attack) 501 qui sera basé sur les concepts du Breguet 126 côté français et  Dornier P.375 côté allemand.

Le 23 juillet 1970, le contrat est remporté par l’alliance et l’avion prend son nom définitif : l’Alpha Jet. Il sera produit en 2 versions : la version A d’attaque, reconnaissable à son nez pointu, pour l’Allemagne et la version E pour la France avec un nez arrondi qui favorise la stabilité.

Le 26 octobre 1973, le prototype 01 de l’Alpha Jet   fait son premier vol à Istres aux mains du pilote d’essai Jean-Marie SAGET.  Le premier appareil de série, le E1, fait son vol inaugural le 4 novembre 1977

L’avion sera décliné en plusieurs versions :
– La version E pour l’entrainement
– La version A pour l’attaque
– Les versions  MS1 et MS2   d’attaque à l’avionique améliorée pour l’Egypte
– La version E+ d’entrainement à l’avionique améliorée

Au total, ce seront pas moins de 512 exemplaires qui seront construit et 12 d’entre eux équipent la célèbre Patrouille de France depuis 1981.

Caractéristiques

Envergure 9,16 m
Longueur 11,85  m
Masse à vide 3 345   kg
Vitesse maxi 1 062  km/h (Mach 0,86)
Équipage 2
Motorisation  2 moteurs Snecma-Turbomeca Larzac 04C6
No Série E5

 

Notre appareil

Le E5 fait donc partie de la tête de série de la production française. Comme pour tous les nouveaux avions qui entrent en service, les premiers exemplaires sont confiés soit au CEAM à Mont de Marsan, dont « l’équipe de marque Alpha Jet » va avoir pour mission d’évaluer le type, d’en dresser le domaine d’utilisation, de rédiger la documentation, de former les premiers pilotes, etc. Le E1 est remis au CEAM le 19 mai 1978, et les quatre suivants (E2 à E5) suivent entre juin 78 et janvier 1979.

Il est pris en compte en janvier 1979 par le CEAM, qui lui attribue le code 118-BT, comme les 4 premiers avions de série. À cette époque, le CEAM a également la mission de transformer les pilotes belges, et marocains. Il est donc fort probable que des stagiaires de ces deux pays aient aussi volé sur le E5.

Il quitte ensuite brièvement en octobre le CEAM pour Tours, où il est détaché pour remplacer un avion utilisé pour les essais de pods fumigènes, il reçoit alors le code 314-LI mais revient rapidement à Mont de Marsan, avec cette fois le code 118-BU. En octobre 1987, toujours au CEAM, son code devient 330-BU, suite à réorganisation du CEAM qui prend la désignation mécanographique « CEAM 330 », avec son escadron chasse EC 24/330 auquel sont rattachés les Alpha Jet et tous les chasseurs. Il devient ensuite 330-BT, toujours au CEAM.

Au début des années 90, il quitte enfin Mont de Marsan, pour la 8ème Escadre de Chasse à Cazaux, dont les deux escadrons (EC 1/8 Nice et EC 2/8 Saintonge) ont débuté leur transformation sur Alpha Jet en janvier 1982 (ils volaient sur Mystère IVA). Il prend le code 8-NS au sein du 1/8 Nice.

En avril 1991, peu après son arrivée à Cazaux, le E5 est affecté à l’un des escadrons de bombardement, l’EB 2/91 Bretagne, qui vole sur Mirage IVP. Le but de cette affectation est de permettre de poursuivre l’entrainement à moindre cout des pilotes de Mirage IV et d’accomplir des missions de liaisons, suite au retrait des Mirage III des FAS. Il reçoit alors sur sa dérive l’insigne du « Bretagne ». Rares sont les Alpha Jet qui auront eu ce privilège… Il quitte le Bretagne le 6 juillet 1992, remplacé par un autre appareil.

En mai 1997, il change de région, suite à son affectation à l’Escadron de Chasse 2/7 Argonne, basé St Dizier avec ses Jaguar. En effet, depuis 1995, l’état-major avait décidé d’affecter à titre expérimental quelques Alpha Jet à un escadron de la Force Aérienne Tactique. Notre E5 y reçoit le code 7-PE, et sa dérive est repeinte avec les insignes des deux escadrilles du 2/7, le coq et l’archer grec.

En 1999, le camouflage deux tons commence à disparaitre progressivement pour laisser place au nouveau « gris » uni, mais le E5 y échappe.

Le 2/7 est dissout en juin 2001, le E5 rejoint alors le GE 314 à Tours, l’Ecole de Chasse, où il poursuit sa carrière avec le code 314-LV.

Il est définitivement réformé en février 2012, puis stocké.

En résumé, ses codes successifs ont été :

Code Affectation
118-BT CEAM
314-LI GE 314
118-BU CEAM
330-BU CEAM
330-BT CEAM
8-NS EC 2/8 Nice
7-PE EC 2/7 Argonne
314-LV EAC 314

Il est actuellement stationné sur l’EAR  279 de Châteaudun et nous préparons activement sa récupération.

Nous remercions chaleureusement Xavier CAPY qui nous a permis de retracer l’historique de l’appareil et  nous a trouvé des photos de notre appareil avec toutes ses immatriculations.

Aidez-nous à récupérer cet appareil !

En faisant un don, vous nous aidez à récupérer cet Alpha Jet en finançant, entre autres, le transport, les outillages et l’hébergement des bénévoles qui iront démonter l’avion. En plus, vous bénéficiez d’une réduction d’impôt  de 66% de sa valeur, alors, n’hésitez plus !