Dassault Mirage IV P

Histoire En 1954, la décision de doter la France de l’arme nucléaire entraine le besoin de construire un bombardier pour…

Histoire

En 1954, la décision de doter la France de l’arme nucléaire entraine le besoin de construire un bombardier pour la transporter. Deux ans plus tard, après la crise de Suez, les Services officiels lancent un programme de bombardier supersonique d’une autonomie de 1 500 km pouvant emporter une charge d’une tonne. Face au projet « Super-Vautour » de la SNCASO, Dassault présente une variante de son programme Mirage, le Mirage IV. A l’origine, celui-ci avait été conçu pour un projet d’intercepteur abandonné. Il est alors adapté pour répondre à l’appel d’offre de bombardier léger. Une commande pour un prototype est passée en avril 1957.

Le Mirage IV-01 effectue son premier vol le 17 juin 1959, piloté par Roland Glavany. Au cours des essais, peu de modifications sont nécessaires et il montre qu’il peut voler à Mach 2,1 en palier pendant plus de 15 min. En septembre 1960, aux mains de René Bigand, il bat deux records du monde de vitesse en circuit fermé : 1 972 km/h sur 500 km et 1 822 km/h sur 1 000 km/h. Officiellement réceptionné en avril 1960, le prototype sert à tester les différents équipements qui seront montés sur l’avion de série, jusqu’à sa destruction lors d’un accident le 13 février 1963.

Dès janvier 1957, les essais avaient surtout montré la nécessité d’emporter une plus grande quantité de carburant pour atteindre le rayon d’action désiré. Ainsi le Mirage IVA prévu pour la série est doté d’une aile plus grande, deux réacteurs ATAR 9K plus puissants et surtout d’une perche de ravitaillement. En mai 1959, trois appareils de présérie sont commandés. S’en suit en 1962 une commande de 50 appareils de série puis en 1965 12 appareils supplémentaires capable d’emporter une nacelle de reconnaissance photo CT52 s’ajoutent à la commande initiale.

Le premier appareil de série effectue son premier vol le 7 décembre 1963. Il entre en service en 1964 et en fin d’année le premier escadron de bombardement est opérationnel et assure alors l’alerte nucléaire. Il est alors le premier avion militaire européen capable de vols de longue durée à plus de Mach 2. La production s’étale jusqu’en mars 1968. Au plus fort de son déploiement 9 escadrons de bombardements et 1 d’entraînement étaient équipés de Mirage IVA.

La mission originelle du Mirage IVA est de monter rapidement à haute altitude et de foncer à Mach 2 vers sa cible, d’y larguer sa bombe et de revenir. Afin de montrer que la dissuasion nucléaire française est opérationnelle, en 1966, l’opération Tamouré est organisée. Deux Mirage IV sont convoyés sur la base d’Hao dans le Pacifique afin de procéder au premier largage d’une bombe atomique avionnée. Le 19 juillet 1966, le Mirage IVA n°9 largue une bombe sur l’atoll de Mururoa. Mais rapidement avec le développement des missiles sol/air, la mission est jugée trop dangereuse et elle est modifiée : L’avion doit alors pénétrer le territoire ennemi à basse altitude, sous la couverture radar, prendre de l’altitude juste au dessus de sa cible larguer une bombe AN22 freinée puis replonger et faire le retour à basse altitude. Pour cette mission les appareils sont renforcés et reçoivent un camouflage.

Avec l’arrivée des missiles de croisière ASMP, 19 appareils sont modifiés en Mirage IVP (P pour Pénétration) afin de pouvoir l’emporter. Le premier appareil modifié en prototype, effectue son premier vol le 12 octobre 1982. La modification des appareils de série débute en mai 1983 et s’étale jusqu’en 1987. Elle consiste principalement au remplacement de l’instrumentation analogique du poste de pilotage par une instrumentation numérique, à l’installation d’un nouveau système de navigation et de bombardement, au remplacement des systèmes de contre-mesures électroniques et du radar, et bien sûr à la modification de la soute à bombe pour pouvoir emporter l’ASMP. Le Mirage IVP armé de l’ASMP est déclaré opérationnel en mai 1986. Avec l’arrivée en service du Mirage 2000N à partir de 1988, les Mirage IVP sont progressivement retirés des missions de bombardement pour se consacrer exclusivement aux missions de reconnaissance stratégique. Ils effectent alors des missions au Tchad, en Bosnie, au Yémen, au Kosovo, en Afghanistan et en Irak en 2003. Le retrait opérationnel des Mirage IVP a lieu en 2005.

Caractéristiques

Envergure  11,84 m
Longueur  23,5 m
Hauteur  5,4 m
Masse à vide  14 T
Masse maxi  33,5 T
Charge  7,3 T
Vitesse  Mach 2
Autonomie  2 600 km
Equipage 2
Motorisation 2 SNECMA Atar 9K de 6600 kgp
No Série 26

 

Notre appareil

Notre Mirage IV est le n°26, il a reçu le code AY. Il a été livré à l’Armée de l’Air le 2 juin 1965 et est entré en service au sein de l’escadron de bombardement 1/93 Guyenne trois mois plus tard. Il a ensuite servi dans tous les escadrons de bombardement équipés de Mirage IV. Fin mars 1984, il est entré en entretien majeur dont il est ressorti début août 1985 après avoir été converti en Mirage IVP. Il a alors servi quasi exclusivement au sein de l’EB 1/91 Gascogne sur la base de Mont-de-Marsan mais a terminé sa carrière à l’EB 2/91 Bretagne. Il a été retiré du service le 9 juillet 1997, il avait alors 7 786 heures de vol.

Nous sommes allés le démonter en juillet 2018 sur la base de Châteaudun. Il est actuellement en attente de remonte ce qui devrait se produire dans quelques semaines.

Quelques Photos

La vidéo de la récupération de l’appareil

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