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NOTRE COLLECTION
Matra R.511

Histoire

L'histoire du R.511 débute en 1946 lorsque l'armée de l'air française commande des études pour se doter « d'engins spéciaux » pour lutter contre la menace des bombardiers. Le Service technique de l'aéronautique (STAé) demanda donc à plusieurs sociétés privées ou publiques d'étudier différents engins : l'Arsenal de l'aéronautique se vit confier des études de missiles air-air, air-sol et antichars ainsi que d'engins cibles ; la SNCASE celle de missiles sol-sol, sol-air et d'engins cibles, l'ECA (Études et construction aéronautique) celle d'engins cibles et enfin Matra celle de missiles air-air, air-sol et sol-air. Contrairement à l'Arsenal de l'aéronautique qui développa des missiles téléguidés (technologie utilisée par les premiers missiles allemands de la Seconde Guerre mondiale), Matra misa sur les missiles à autodirecteurs, plus longs à développer mais aussi plus efficaces.

En 1949, Matra lança l'étude de deux missiles pour tester la meilleure configuration à adopter : Le R.051 doté d'une voilure en delta et d'un empennage canard et le R.052 doté d'un empennage cruciforme. Ces deux missiles effectuèrent des essais en soufflerie et en vol. Un premier missile inerte et dépourvu d'autodirecteur fut tiré en 1951. Finalement le R.051 fut considéré comme étant doté de la meilleure configuration aérodynamique pour le passage du transsonique et pour sa facilité d'intégration sous avion. Ces essais permirent également d'améliorer les connaissances en aérodynamique, les technologies de pilotage et aussi de sélectionner le fabricant du propulseur bi-étage à propergol solide : Hotchkiss-Brandt. Ce moteur était constitué d'un accélérateur produisant 1 588 kg de poussé pendant trois secondes et puis un second étage propulsait le missile pendant 13,5 secondes en délivrant une poussée de 181 kg.

En septembre 1953, après 4 ans d'études et de mise au point, eut lieu à Colomb-Béchard (Algérie) le premier tir d'un missile autoguidé français, un R.051. Celui-ci était équipé d'un autodirecteur optique Drivomatic H01 conçu par Thomson. Ce tir fut considéré comme un succès, le missile réussissant à suivre sa cible, en l'occurrence le soleil levant, pendant environ 30 secondes.

Début 1956, afin de tester les capacités de Matra à produire en série des engins spéciaux, l'Armée de l'air passa commande de 100 R.510, version de série du R.051. Ceux-ci furent fabriqués à Boulogne-Billancourt, ce qui constitua une véritable gageure pour Matra qui jusque-là produisait seulement des prototypes réglés au dernier moment et toujours sujets à des modifications de dernière minute.

Le R.510 comme son prédécesseur avait un diamètre de 280 mm, un empennage monovoilure et avait un pilotage de type « twist and steer » ; il utilisait ses gouvernes « canard » pour le contrôle en tangage et la dérive verticale pour la stabilisation en lacet et l'orientation en roulis. Le missile était guidé sur une courbe de poursuite dans le secteur arrière de l'objectif. La mise à feu de la charge à fragmentation de 25 kg s'effectuait grâce à une fusée de proximité fabriquée par Thomson.

Le R.510 fut réservé à l'expérimentation, son utilisation opérationnelle paraissait difficile car l'autodirecteur était gêné par l'horizon et les nuages trop brillants. Du fait de ce manque d'utilité opérationnelle le CEV mis fin à son utilisation après avoir mené ses essais.

En conséquence deux nouveaux missiles furent étudiés, le R.511 IR et le R.511 EM. Ceux-ci étaient allégés et avaient un diamètre inférieur au R.510 (263 mm), diamètre qui sera conservé sur les missiles suivants. Le R.511 IR était équipé d'un autodirecteur infrarouge conçu par la société Turck (absorbée en 1957 par la Société Anonyme de Télécommunication devenue SAGEM). Le capteur fut d'abord testé sur un R.051 en 1956/1957 puis sur un R.511 jusqu'en 1959. Les essais s'effectuèrent à partir de Meteor NF.11.

Parallèlement Matra développa le missile R.511 EM à guidage électromagnétique pour équiper les Vautour IIN d'un missile tout-temps. Le premier tir d'une maquette aérodynamique eut lieu au printemps 1956. Puis à la fin de cette même année un premier missile équipé de son autodirecteur semi-actif Thomson-Houston fut tiré. Le missile abattit sa première cible CT-20 en 1959. Finalement l'autodirecteur électromagnétique fut retenu car celui-ci permettait le tir tout-temps contrairement au guidage optique, utilisable de jour seulement, ou infrarouge, utilisable uniquement de nuit et seulement par temps clair.

En 1958, l'Armée de l'air passe commande de 900 exemplaires du R.511, ils seront livrés par l'usine de Salbris entre 1961 et 1966. Ceux-ci étaient déjà obsolètes en 1957 avec l'arrivé du Mirage IIIC et de son radar CSF Cyrano, bien plus performant que le CSF Drac 32 des Vautour. Ils équiperont malgré tout les Vautour et les Aquilon jusqu'en 1973, et les Mirage IIIC jusqu'en 1964 avant d'être remplacés par les R.530. Il devait aussi équiper le SE-212 Durandal avant que son programme soit annulé.

Caractéristiques

Notre appareil

Nous possédons trois exemplaires du R.511 plus ou moins complets.

Quelques photos

Autodirecteur du missile.

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