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NOTRE COLLECTION
F8P Crusader
Notre Crusader

Notre F-8P Crusader

Histoire

Le Crusader a été réalisé en réponse à un appel d’offre lancé par la marine américaine en 1952, pour un intercepteur embarqué largement supersonique. A remarquer l’aile à incidence réglable : levée pour le vol aux basses vitesses et baissée ensuite. Ce qui permet de conserver un train d’atterrissage très compact et d’avoir une bonne visibilité en approche car le fuselage est peu cabré. Le Crusader est un des rares avions à être équipé de ce dispositif. L’aile est munie de larges volets et de becs, afin d’offrir une vitesse d’approche la plus basse possible. Les extrémités sont repliables vers le haut afin de limiter la place prise sur le pont des porte-avions. Les missiles sont portés sur des rails accrochés aux flancs du fuselage, la perche de ravitaillement en vol se rétracte dans un carénage sur le coté gauche du fuselage et un gigantesque aérofrein est installé sous le ventre.

Le prototype vole 25 mars 1955 et franchit facilement Mach 1 durant son premier vol. Il démontre rapidement sa supériorité écrasante sur son contemporain dans l’US Air Force, le F 100 équipé du même moteur. Les premières machines de série entrent en service en mars 1957. 4 autres versions du chasseur, désignées F 8 B à F 8 E, vont voir le jour avec des systèmes de plus en plus sophistiques tels qu’un pilote automatique ainsi que des radars et des moteurs de plus en plus puissants. 1078 chasseurs seront construits et seront utilisés jusqu’en 1976. En parallèle Vought a développé une version de reconnaissance dotée d’un fuselage avant plus carré afin d’abriter 6 cameras. 144 serviront dans la marine américaine jusqu’en 1987. A signaler un prototype biplace en tandem, obtenu en modifiant un avion de série, qui servira largement à la promotion du Crusader en France (62-63). Il sera également utilisé par la NASA avant d’être accidenté en 1978.

C’est à partir du F 8 E que va être développée la version destinée à l’Aéronavale, avec des modifications importantes des becs et des volets afin de pouvoir utiliser les porte-avions français, beaucoup plus petits que leurs homologues américains. Augmentation des braquages, dispositif de soufflage des volets (comme sur le F 104 G) vont réduire la vitesse d’approche de près de 30 km/h. Le «Crouze » français était également capable de tirer le missile Matra 530 à guidage radar ou infrarouge, qui équipe le Mirage III à la même époque. Dès 1959, Vought avait essayé les modifications aérodynamiques sur un prototype, bien avant de décrocher la commande (1963) puis de construire les machines de série. La première vole le 26 juin 1964 et la 42eme et dernière sera livrée en janvier 1965. La France aurait été intéressée par 6 biplaces mais Vought renonça à les fabriquer. Fin 64-debut 65, les monoplaces seront acheminés sous cocon vers St Nazaire par les porte-avions Arromanches et Foch.

Les Crusader ont armé les flottilles 12F (64- 99) et 14F (65-79) à Landivisiau. Déployés sur les 2 porte-avions français à tour de rôle, les F 8 ont participé dans l’ombre à toutes les opérations de la marine : protection de Mururoa lors des tirs, missions à Djibouti (77), au Liban (83), dans le golfe persique (87)... Ils se sont régulièrement posés sur les porte-avions américains, mais les Américains n’ont jamais voulu tenter la réciproque, même après que leurs avions aient reçu une aile identique à la notre.

Il était initialement prévu que les Crouze servent jusqu’en 1992, mais l’étalement du programme Rafale et du nouveau porte-avions a amené en 1988 l’état-major à leur trouver un successeur ou à les moderniser fortement. Le Mc Donnell F 18 A Hornet était le candidat tout désigné pour une location, mais hélas le lobby franco-français ne voulait pas d’une machine pouvant faire de l’ombre au Rafale et il fallut s’orienter vers une modernisation des Crusader, déjà vieux de 25 ans.

Un programme ambitieux de remise à niveau du radar, de la navigation et des systèmes fut proposé, mais on s’orienta vers la solution à moindre coût. Révision générale de 17 avions et modification améliorant la sécurité : système électrique, siège éjectable, renforcement de structure, installation d’un détecteur de radar en haut de la dérive, adaptation au tir du missile Magic... et remplacement d’équipements devenus introuvables. En 1988 une équipe partit visiter tous les dépôts de l’US Navy et revint avec plusieurs cellules de Crouze américains et de nombreuses pièces détachées. En médecine, cela s’appelle de l’acharnement thérapeutique... Désignés F-8P (Prolongés) les «nouvelles» machines ont repris du service en 1992. Enfin après 35 ans de bons et loyaux services, usés jusqu’à la corde, les 5 derniers Crouze ont eu droit à une retraite bien méritée le 3 décembre 1999.

Au total 251 pilotes de «la Royale» ont été qualifiés sur le Crouze . Cette machine a conservé jusqu’au bout sa réputation de redoutable bagarreur, même contre un Mirage 2000, avec une bonne réserve de pétrole (5100L) mais un système d’arme d’une autre génération. Par contre les pilotes avaient à prendre en compte un train d’atterrissage fragile et un système de freinage primitif qui provoqua de nombreux éclatements de pneumatiques.

A signaler que sept pilotes américains et un français ont décollé d’aérodromes, en oubliant de déplier les ailes. Nul doute que le roulage devait être plutôt long, mais ça marchait. Le malheureux pilote avait alors deux possibilités : déplier les ailes en vol ou se poser tel quel, avec une vitesse d’approche de 320 km/h !

Par ailleurs l’armée de l’air des Philippines a reçu 25 F 8 américains d’occasion en 1977 et les a utilisés jusqu’en 1991, prélevant des pièces de rechanges sur 10 autres cellules fournies à cet effet.

Affaire de famille : en 1978, la marine cherchait un remplaçant à ses Étendard IV d’attaque et de reconnaissance. Vought a proposé l’A7 «Corsair», retenant la configuration générale du Crouze , mais avec très peu d’éléments communs. Finalement ce sera le Super Etendard qui sera retenu.

Caractéristiques

Notre appareil

Notre Crusader est venu par la route de Landivisau en 2002.

La Restauration

En décembre 2001 et janvier 2002, deux équipes se sont succédées à Landivisiau pour le démontage et le transport du Crusader. La première équipe se chargeait du démontage et du transport du fuselage. La seconde vennait encadrer le chargement du croupion et de l'aile sur son bâti de transport.

Le tout se retrouvait dans nos locaux pour un grand nettoyage et une restauration en profondeur.

En 2002, après un gros travail, les ailes et la partie arrière étaient remis en place. S'en suivait la restauration du poste de pilotage, des ailes, du logement moteur ainsi qu'une belle peinture neuve.

L'appareil est maintenant fini et présenté à de son réacteur au sein d'Aeroscopia.

Quelques Photos

Le Crusader à notre arrivée

Démontage

Le fuselage s'apprète à prendre la route

L'aile et la partie arrière

Arrivée chez nous et grand nettoyage

Remontage de la partie arrière

Remontage de l'aile

Enfin remonté...

Juin 2003 - Le Crusader prend l'air

Juin 2003 - Le Crusader prend l'air

Prêt à partir en peinture

Application de l'apprêt

Résultat, un Crusader kaki !

Récupération du réacteur

Notre Crusader présenté à côté de son réacteur dans Aeroscopia.

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